(Suit la biographie du Dr. Baker, Jr. :)
Le Dr. Baker est un scientifique de 36 ans ayant reçu son BA avec les Plus Hauts Honneurs en Physique et Mathématique à l'UCLA , et fut élu Phi Beta Kappa. En il reçu une MA en Physique, et fut lauréat du Prix de Physique de l'UCLA. En le Dr. Baker reçu un doctorat en Ingéniérie, qui fut le 1er de son type à être délivré dans la nation avec une spécialité en Astronautique.
Conformément à son cursus universitaire, le Dr. Baker est au Département d'Astronomie de la Faculté de l'UCLA de à . Depuis cette époque il a été au Département d'Ingéniérie de la Faculté de l'UCLA où il donne actuellement des cours d'astronautique, mécanique des fluides et mécanique structurelle.
Le Dr. Baker est un expert internationalement reconnu dans divers domaines de la science et de l'ingéniérie. Il a été contributeur de recherche dans le développement de procédures de détermination d'orbite utilisant les données radar, les constantes astrodynamiques, near free-molecular flow drag — toutes utilisées dans les programmes spatiaux de la nation. Il a également développé des théories uniques dans le domaine de le conception d'appareils marins hydrofoils.
Dans l'industrie privée le Dr. Baker a initié, supervisé et dirigé des programmes de recherche en astronautique, physique, mécanique des fluides, mathématiques et conception de programmes informatiques. Il a contributé à la définition de problème et l'analyse de problèmes scientifiques et d'ingéniérie dans des projets industriels comme militaires.
La carrière industrielle du Dr. Baker débuta en tant que consultant pour la compagnie Douglas Aircraft. Entre et il fut Scientifique Senior chez Aeronutronic-Philco-Ford. Alors qu'il était à l'Air Force et , il fut officier de projet sur un certain nombre de projets classés de l'Air Force. Entre et il fut directeur du Centre de Recherche d'Astrodynamique de Lockheed, où il dirigea les efforts d'approximativement 25 scientifiques dans divers domaines scientifiques. En le Dr. Baker rejoint la Computer Sciences Corporation (CSC), d'abord comme Responsable Associé de la Recherche et l'Analyse, puis comme le Scientifique Senior de la sous-division des Sciences Système de la CSC. C'est à ce dernier poste qu'il est actuellement impliqué dans plusieurs projets de l'Air Force, la Marine et la NASA.
Le Dr. Baker a représenté la Force Aérienne des Etats Unis à la réunion de la Fédération Internationale Astronautique à Stockholm (Suède) en , représenté les Etats-Unis aux Conférences Européennes de l'Union Internationale de Mécanique Théorique et Appliquée et en et fut un invité du Conseil Astronomique [sic] de l'Académie des Sciences de l'URSS à Moscou en . Il fut élu Jeune Homme d'Exception de l'Année par la Chambre de Commerce Junior . De à il fut Président National du Comité Technique sur l'Astrodynamique de l'Institut Américain d'Aéronautique et d'Astronautique et est actuellement membre du Comité Technique sur l'Informatique.
Le Dr. Baker a été rédacteur-en-chef du Journal des Sciences Astronautiques depuis . Il a été co-rédacteur-en-chef des Proceedings du Congrès de la Fédération Internationale d'Astronautique de et l'auteur sénior du 1er livre sur l'astrodynamique : Une introduction à l'astrodynamique, publié . Le Dr. Baker est l'auteur de 4 livres et de plus de 70 articles techniques (voir annexe 1).
Le Dr. Baker est membre des sociétés professionnelles suivantes : Association Américaine pour l'Avancement de la Science, Phi Beta Kappa, Sigma Xi, Sigma Pi Sigma, Société Américaine d'Astronautique (membre), British Interplanetary Society (Fellow), Institut Américain d'Aéronautique et d'Astronautique (membre associé et membre du comité technique informatique), Société Britannique d'Astronomie (membre), Société Américaine d'Astronomie, Société Américaine de Physique, et Société Météoritique.
Son accréditation de sécurité actuelle est top secret.
Dr. Baker. Bien, merci, M. Roush.
J'aimerai préfacer mes remarques en indiquant ma préférence pour le terme "phénomènes observationnels anormaux," par opposition au terme "objets volants non identifiés."
M. Roush. J'ai observé que vous alliez dire cela et je me demande ce qu'il en serait de certains de mes Hoosiers restés au pays s'ils utilisaient ces termes.
Dr. Baker. Cela coule tout seul de la langue.
M. Roush. Cela pourrait poser des problèmes non seulement à certains Hoosiers mais aussi à certains profanes. Il pourrait être plus facile de dire OVNIs. Vous pouvez continuer.
Dr. Baker. Je l'appelle AOP.
D'après les données que j'ai examinées et analysées depuis , je pense qu'il existe effectivement des indices substantiels soutenant la déclaration qu'un phénomène — ou des phénomènes — inexpliqués sont présents dans les environs de la Terre, mais qu'ils pourraient ne pas "voler", pourraient ne pas toujours être "non identifiés" et, peut-être, pourraient même ne pas êtres des "objets" substantiels. Dans la déclaration suivante je --
Plusieurs annexes accompagnent ce rapport. Les 2 premières sont en réponse à la lettre d'invitation du Membre du Congrès Roush du , et consistent respectivement en ma notice biographique et en la liste de ma bibliographie. La 3ᵉ annexe se rapporte directement à mes recommandations spécifiques, et a été incluse avec l'aimable autorisation du Dr. Sydney Walker III. La 4ᵉ annexe présente trois rééditions d'articles (Baker (1968a) et (1968b) et Walker (1968)) qui se rapportent au sujet de ce rapport.
Mon contact initial avec les phénomènes observationnels anormaux — AOP — vint lorsque j'étais consultant chez Douglas Aircraft Co. à Santa Monica (Californie), servant comme assistant spécial au Dr. W. B. Klemperer, directeur de l'équipe de recherche de Douglas. Les données consistaient en 2 courts bouts de films : 1 pris dans le Montana — que nous appelons le film du Montana — et un pris en Utah — que nous appelons le film de l'Utah. Ces films nous furent fournis par le Centre de Renseignement Technique de l'Air — ATIC, aujourd'hui la Division de la Technologie Etrangère — FTD — à la base aérienne de Wright-Patterson ; des épreuves 35-mm furent fournies par les productions Green-Rouse des studios Samuel Goldwyn.
Les 2 films avaient été pris par des hommes apparemment fialbles et impartiaux utilisant des caméras amateur et, dans chaque cas, était présent témoin crédible, confirmant. Les films montraient le mouvement de points blancs plutôt flous, mais le film du Montana était remarquable en ce que l'avant-plan était visible sur la plupart des images.
Une analyse préliminaire exclua la plupart des phénomènes naturels. Une étude plus détaillée indiquait que le seul phénomène naturel candidat restant pour le film de l'Utah était des oiseaux en vol, et pour le film du Montana il s'agissait des reflets du soleil sur le fuselage d'un avion. Au terme de 18 mois d'une étude plutôt détaillée, quoique non contigüe, utilisant divers équipements de mesure de film [sic] chez Douglas et à l'UCLA, ainsi que l'analyse d'une expérience photogrammétrique, il semblait qu'aucun de ces explications hypothétisées de phénomènes naturels n'ait de mérite, et un rapport fut publié par moi (Baker (1956)) et transmis au brigadier-général Harold E. Watson, commandant de l'ATIC. La description des circonstances de la prise des films et les analyses des données fournies sur les films étant plutôt longue, et ayant depuis été publiées dans la littérature publique n1[Pour le film de l'Utah, voir Baker et Makemson (1967): pour le film du Montana, voir Baker (1968a). Cette dernière réference est incluse en annexe de cet article], il ne semble pas raisonnable de répéter les analyses ici.
Au cours de cette étude nous eûmes également l'occasion de voir certaines photographies de caméras de tir prises au-dessus de la Floride. Malheureusement, nous n'avons pu garder ce film, et n'avons pas eu le temps suffisant pour accomplir une analyse complète. Comme les films du Montana et de l'Utah, ce film ne montrait également que des images de points blancs ; cependant, comme un avant-plan était présent, une étude compétence aurait pu être menée. Le Dr. Klemperer et moi étions d'accord sur la conclusion préliminaire — non soutenues par des analyses détaillées — que, à nouveau, aucun phénomène naturel n'était une source probable des images.
je reçu un extrait de film d'un certain M. Richard Hall, décrit comme ayant été pris depuis un appareil (DC-3) près des Angel Falls, Vénézuela, vers 12 h 15. Cet extrait de film était un film couleur 8-mm, exposé à 16 images/s et montrait un objet jaune très brillant, légèrement en forme de poire, qui disparût dans un banc de nuages au bout de 60 ou 70 images. A l'époque j'étais le directeur du Centre de Recherche Astrodynamique de Lockheed Aircraft Co. Nous avions développé un petit groupe de photogrammétristes consistant en le Dr. P. M. Merifeld et M. James Rammelkamp, et étions capable d'entreprendre une étude du film. Initialement, Merifeld et Rammelkamp trouvèrent peu d'intérêt dans le film. Après leur examen préliminaire, je consacrais un effort considérable à une analyse plus approfondie. Encore une fois, je ne parvins qu'à tirer la conclusion que l'objet jaune n'était aucun phénomène naturel connu ; mais [avant que] nous puissions déterminer quantitativement les vitesses et accélérations angulaires, et les limites de distance, la vitesse linéaire et l'accéleration, le film fut perdu (à l'exception d'une microphotographie montrant l'objet sur 1 image). Il ne fit, cependant, aucun doute dans mon esprit quant au caractère anomalistiques des images.
, M. Zan Overall me montra 3 films au cinéthéodolite qui avaient été pris simultanéments par 3 caméras différentes d'un lancer de Thor-Able Star à la base aérienne de Vandenberg (projet A4/01019). Ces films montraient un objet blanc se déplaçant verticalement (par rapport au cadre du film) devant un ciel bleu et clair. L'objet était à peu près aussi brillant que l'échappement du propulseur du 2nd étage, et dépassa le propulseur à 1/3 °/s environ. Des estimations grossières de la direction du Soleil — basées sur les ombres sur les premières images — et des vents en hauteur — indiqués par le mouvement de la plume d'échappement de la fusée) — furent faites. Celles-ci, avec la luminosité de l'objet et son rythme d'ascension, semblèrent exclure ballons, avions, reflet, mirages, etc. L'un des cinéthéodolites étant sur un site à une certaine distance des 2 autres, une détermination de la parallaxe des distance et vitesse effectives de l'objet put être déterminée assez facilement. Les films étant prêtés par la Marine, je ne pus réaliser l'étude nécessaire et une détermination du caractère précis du phénomène (naturel ou anomalistique) ne put être faite. En 1967, je discutais du sujet avec le professeur William K. Hartmann de l'Université de l'Arizona, et le professeur Roy Craig de l'Université du Colorado. A cette époque, ils étaient impliqués dans le Groupe d'Etude des Ovnis du Colorado, et indiquèrent qu'ils tenteraient d'obtenir le film pour une autre analyse. Bien qu'était sûr qu'ils firent un effort conscientieux pour obtenir les films, ils n'y parvinrent apparemment pas (il y a 6 mois de celà, tout du moins).
En plus des extraits de films précédents — qui semblaient impliquer des données résultant de phénomènes anomalistiques — le film du Montana, à mon avis, était certainement anomalistique et tous les autres films, à l'exception du film de Californie, étaient très probablement anomalistiques — j'ai aussi eu l'occasion de voir environ une demi-douzaine d'autres films, prétendument d'« ovnis ». Les images de ces films semblaient pouvoir résulter de phénomènes naturels, tels que des reflets sur des avions, mirages atmosphériques, reflets optiques, oiseaux, ballons, insectes, satellites, etc. Par exemple, un ensemble récent () de 2 films fut pris, en utilisant un équipement de tournage professionnel, par une équipe de Universal Studio sur les lieux. Bien que d'apparence plutôt particulière, les objets ainsi photographiés auraient pu, en théorie, résulter de reflets sur des avions.
À ce jour mes analyses de données de films anomalistiques ont été relativement peu gratifiantes. Bien que je sois convaincu que beaucoup de ces films démontraient effectivement la présence de phénomènes anomalistiques, ils ont tous la caractéristique de taches de lumière plutôt mal définies, et l'on ne peut en réalité guère se faire une idée du caractère réel des phénomènes. Par exemple, la distance linéaire, la vitesse et l'accélération ne peuvent être déterminées avec précision, pas plus que la taille et la masse. Comme je vais l'exposer dans un instant, cette situation n'est pas particulièrement surprenante puisque, sans un système de capteurs spécialisé expressément conçu pour obtenir des informations pertinentes sur les phénomènes observationnels anomalistiques, ou un système de capteurs polyvalent exploité de manière à ne pas écarter de telles données, les chances d'obtenir des données dures de haute qualité sont assez faibles.
Les capacités des capteurs optiques astronomiques ont été traitées de manière approfondie par Page en . Le Réseau Prairie pour les
Observations des Météores est un bon exemple de système optique
à large couverture, mais comme c'est si souvent le cas, et comme Page
(1968) l'a indiqué, *** K E. McCrosky de l'Observatoire Astrophysique Smithsonien m'a informé qu'aucune recherche
approfondie (de données anomalistiques) n'a été menée.
Malgré cela, certaines photographies astronomiques
présentent forcément des données anomalistiques. Pour citer à nouveau Page (1968), *** W. T. Powers, du département d'astronomie de l'université Northwestern, m'a
informé que « plusieurs » des photographies du réseau Smithsonien montrent des traînées anormales.
Comme je l'ai
déjà souligné (Baker (1968b), qui figure en annexe 4), la majorité de nos équipements astronomiques (par exemple les
télescopes photographiques conventionnels, les caméras Baker-Nunn, les caméras à météores, les caméras lunaires à
double vitesse de Markowitz, etc.) sont par nature spécialisés, et ne détecteraient probablement pas les phénomènes
lumineux anormaux rapportés par l'observateur occasionnel s'ils étaient effectivement présents. Leur sensibilité
photographique, leur champ de vision, etc., imposent de sévères restrictions à leur capacité à recueillir des données
sur des objets autres que ceux qu'ils ont été spécifiquement conçus pour détecter. Comme déjà noté dans les citations
de Page (1968), même si de telles données étaient recueillies, il est improbable qu'un expérimentateur en reconnaisse
le caractère unique ou anormal. L'histoire de la mécanique céleste abonde en exemples de petites planètes détectées sur
de vieilles plaques astronomiques qui avaient été mesurées à d'autres fins, puis abandonnées.
Nos systèmes de surveillance et suivi de l'espace radar et optique sont encore plus restrictifs et ainsi, encore moins susceptibles de fournir des informations sur des phénomènes anomalistiques que le sont des capteurs astronomiques. Le radar de la Signal Test Processing Facility (STPF) à Floyd, dans l'état de New York, est un radar expérimental de haute performance ayant une largeur de rayon de 1/3 °. Pour le verrouillage et le suivi, un objet devrait être localisé à 1/6 ° près, et même si le radar parvenait à le verrouiller, un objet se déplaçant de façon erratique ne pourrait être suivi, même dans le mode monopulse du radar STPF. Pour cette raison, seuls des satellites ayant des trajectoires plutôt bien définies (c'est-à-dire des éphémérides), calculées à l'avance, peuvent être acquis et suivis.
Nos trois radars BMEWS projettent des éventails d'énergie électromagnétique dans l'espace. Si un missile balistique ou un satellite traverse successivement deux de ces éventails, alors il peut être identifié. Comme les lois de l'astrodynamique régissent l'intervalle de temps entre les traversées des éventails de détection pour les objets spatiaux « normaux », tous les autres « échos » anomalistiques du radar sont habituellement négligés et, même s'ils ne le sont pas, ils sont habituellement classés comme images parasites ou cibles mal associées, puis stockés sur bande magnétique et oubliés.
Un site de surveillance spatiale exploite un radar de détection (FPS-17) et un radar de poursuite (FPS-79). Si un nouvel objet spatial est détecté par les éventails du radar de détection, alors le radar de poursuite peut être orienté pour le verrouiller. Cette orientation est déterminée par la connaissance des lois astrodynamiques du mouvement de l'objet « normal » correspondant, ou par une hypothèse sur le point de lancement. Ainsi, si un inconnu est détecté et qu'il suit une trajectoire inhabituelle, il est peu probable qu'il puisse être poursuivi, ou qu'il le soit. En outre, le responsable du radar peut décider que l'objet inconnu détecté ne présente pas d'intérêt (en raison de l'endroit où l'éventail du FPS-17 a été traversé, ou en l'absence d'information préalable sur un éventuel nouveau lancement). En l'absence de traversée de l'éventail de détection (dont la couverture est plutôt limitée), le radar de poursuite FPS-79 est chargé de suivre d'autres objets spatiaux selon un programme fourni par le Centre de Défense Spatiale, et là encore il n'y a pratiquement aucune chance qu'un objet anomalistique puisse être poursuivi, ou qu'il le soit.
Les radars de la NASA, tels que ceux de Millstone et de Goldstone, ne sont pas destinés à être des radars de surveillance, et ne suivent des objets spatiaux connus que sur commande. Là encore, leurs chances de suivre des objets anomalistiques sont quasi nulles. Le nouveau radar à balayage électronique de la base aérienne d'Eglin (FPS-85) dispose d'une capacité considérable pour déployer des éventails de détection et suivre des objets spatiaux simultanément. Une telle polyvalence soulève certains problèmes de gestion de l'énergie — c'est-à-dire déterminer quelle part de l'énergie allouer à la détection et quelle part à la poursuite — mais ce capteur pourrait avoir une capacité (quoique peut-être limitée) à détecter et suivre des objets anomalistiques. Le problème est que la logique incluse dans le logiciel associé aux ordinateurs de contrôle du FPS-85 n'est pas organisée de manière à détecter et suivre des objets anomalistiques (j'indiquerai dans un instant comment cette logique pourrait être modifiée). En outre, le FPS-85, comme les autres radars de surveillance, est habituellement chargé de suivre une liste d'objets spatiaux catalogués dans la base de données du Centre de Défense Spatiale, et l'occasion de « regarder alentour » pour des objets anomalistiques est assez limitée.
Il existe un certain nombre d'autres systèmes de surveillance radar, comme une barrière de détection à travers
les États-Unis. Dans le cas de cette barrière, nous avons une situation semblable à celle du BMEWS, dans laquelle
l'intervalle de temps entre des traversées successives (séparées dans ce cas, pour les satellites, par une période
orbitale) doit suivre des lois astrodynamiques prescrites. Si ce n'est pas le cas, alors les traversées de la barrière
sont soit supprimées de la base de données, soit classées comme inconnus
ou cibles non corrélées
,
archivées et oubliées.
Il n'existe à ma connaissance qu'un seul système de surveillance offrant une couverture suffisante et continue pour avoir ne serait-ce qu'une faible chance de trahir la présence de phénomènes anomalistiques opérant au-dessus de l'atmosphère terrestre. Ce système est en partie classifié et, par conséquent, je ne peux entrer dans les détails lors d'une réunion non classifiée. Je peux cependant déclarer qu'hier () je me suis rendu à Colorado Springs (siège de l'Air Defense Command) et ai obtenu confirmation que, depuis que ce système de capteurs particulier est en service, il y a eu un certain nombre d'alarmes anomalistiques. Des alarmes qui, à ce jour, n'ont pas été expliquées par l'interférence de phénomènes naturels, une défaillance ou une inadéquation de l'équipement, ou des objets spatiaux artificiels.
Dans Baker et Makemson (1967), j'ai discuté des candidats habituels comme
sources naturelles d'observations anomalistiques. Par exemple, certains radars scrutateurs — tels que les radars d'aéroports — captent des échos anomalistiques appelés anges
.
Diverses explications ont été proposées, impliquant tour à tour des couches d'inversion d'air ionisé, etc. (voir
Tacker (1960)) et même des insectes (voir Glover et al. (1966)). En ce qui concerne l'observation humaine de phénomènes
lumineux anomalistiques, des positions plutôt tranchées ont été prises par des autorités telles que Menzel (1953), qui pense que le phénomène naturel prédominant est celui des
mirages atmosphériques ; par Klass (1958a), qui pense que le phénomène naturel prédominant est
lié à la foudre en boule déclenchée par de hautes
tensions comme des décharges coronaires, des avions à réaction, des tempêtes électriques, etc.; par Robey (1960), qui
pense qu'il s'agit d'observations de cometoïdes
entrant dans l'atmosphère de la Terre, etc. La liste des sources hypothétiques de phénomènes
observationnels anormaux est effectivement longue, mais d'après les données photographiques que j'ai analysées
personnellement, je suis convaincu qu'aucune de ces explications n'est valide.
Les analyses que j'ai menée à ce jour ont traité des éléments observationnels que j'appelle "données dures" — c'est-à-dire, des données photographiques permanentes. Bien que je ne discuterai pas en détails les analyses de témoins occulaires (que j'appelle "données douces") n2[Extrait dans annexe 3 de ce rapport -- un article fourni par le Dr. Sydney Walker III, concernant un cas hypothétique], Powers (1967), McDonald (1967), Hynek (1966) et d'autres ont conclu qu'il existe des éléments écrasants en faveur de la présence d'un phénomène véritablement anomalistique.
Bien sûr, de nombreux autres sont parvenus à une conclusion complètement opposée ; en fait, cela devient presque une affaire de préférence personnelle : il est possible d'identifier toutes les données anomalistiques comme des manifestations très inhabituelles de phénomènes naturels. Aussi improbable que ce soit, tout est possible — même un avion à réaction reflétant le Soleil en opposition directe avec les lois de l'optique. Je me souviens parfois des débats sur la Terre plate que j'organisais il y a 10 ans dans mes cours d'astronomie élémentaire à l'UCLA. Certains étudiants s'impliquaient tant dans la justification de leur position — Terre plate ou sphérique — qu'ils se raccrochaient même à l'argument le plus improbable pour rationaliser leur point de vue.
M. Roush. Docteur Baker, désolé de vous interrompre, mais je vais devoir faire une brève suspension de séance.
Dr. Baker. Certainement.
M. Roush. Il y a une motion pour renvoyer en commission le projet de loi sur les constructions militaires, et je voudrais prendre part au vote. Aucun de mes collègues n'est présent en ce moment, aussi allons-nous déclarer une très brève suspension de séance, et je reviendrai aussi vite que possible.
(Sur ce, la séance fut brièvement suspendue pour un vote en séance plénière.)
M. Roush. La séance reprend.
Dr Baker, vous pouvez continuer.
Dr. Baker. Merci.
Personnellement, j'estime qu'il est prématuré pour moi d'admettre que les données dures et douces obligent la communauté scientifique à accorder une attention prioritaire à l'hypothèse selon laquelle les observations anomalistiques proviennent de manifestations d'êtres extraterrestres. D'un autre côté, je préconise fortement l'établissement d'un programme de recherche dans le domaine des phénomènes anomalistiques — un effort de recherche interdisciplinaire qui progresse selon les plus hautes normes scientifiques ; qui soit bien financé ; et qui soit prévu pour durer de manière fiable. Le bénéfice potentiel d'un tel projet de recherche pour la science ne devrait pas dépendre uniquement de la détection d'une vie extraterrestre intelligente ; il devrait être justifié par la possibilité d'acquérir de nouvelles connaissances sur des phénomènes mal compris, tels que la foudre en boule, l'impact de cométoïdes et la désintégration en spirale de météorites.
Une telle recherche a également une valeur pratique pour l'institution militaire. Supposons que quelque chose de semblable à l'« événement de la Toungouska » de se produise aujourd'hui, et que ce soit Long Island aux États-Unis, plutôt que le bassin de la rivière Podkamennaïa Toungouska en Sibérie, qui soit dévasté par un probable impact de comète. Interpréterions-nous à tort cet événement catastrophique comme le signal d'une troisième guerre mondiale ? Et si une autre « procession de boules de feu », comme celle qui eut lieu au-dessus du Canada le , se répétait aujourd'hui, et que les météores volant à basse altitude se trouvaient sur des orbites quasi polaires survolant le territoire continental des États-Unis ? Interpréterions-nous les données de surveillance résultantes comme l'indication qu'un système de bombardement orbital fractionnaire (FOBS) a été déclenché en Russie ? Ma connaissance des capteurs de notre Air Force, actuels comme en projet (voir Baker et Ford (1968)), indique qu'ils sont suffisamment perfectionnés pour ne probablement pas réagir prématurément et donner une fausse alerte — bien qu'une étude attentive de ce point doive être menée. D'un autre côté, il peut exister d'autres sources anomalistiques de données qui pourraient donner lieu à une fausse alerte et peut-être nous pousser soit à déployer nos contre-mesures, soit même à contre-attaquer.
Avant d'énumérer les bénéfices spécifiques que cette recherche pourrait apporter à diverses disciplines scientifiques, permettez-moi une brève digression sur le sujet des données douces. La principale raison pour laquelle j'ai évité d'introduire des données douces dans mes études photographiques et ne me suis pas impliqué dans l'analyse de témoignages oculaires (tels que les excellents rapportés par Fuller (1966)), est que je n'ai pas été capable de développer une base rationnelle pour déterminer le niveau de crédibilité d'un observateur humain donné. Bien qu'elles se situent hors du champ de ma propre compétence scientifique, j'estime que des évaluations de la crédibilité des témoins constitueraient un complément important à toute étude sérieuse des phénomènes anomalistiques (voir Walker (1968), inclus en annexe 4 de ce rapport). Les données douces doivent comporter un certain contenu informatif utile, et il serait extrêmement irréaliste de les négliger entièrement. Pour cette raison, j'ai inclus l'annexe 3 du Dr. Walker, qui présente une procédure logique pour établir un niveau de crédibilité des observateurs. Le rapport de Walker sur un cas hypothétique intègre les résultats d'évaluations médicales générales, neuro-ophtalmologiques, neurologiques et psychiatriques, et développe une base logique pour attribuer un score global de crédibilité.
Le Dr. Robert L. Hall est, bien sûr, éminemment qualifié pour commenter la question des témoins occulaires à ce seminaire.
Si des études sérieuses peuvent être initiées, avec les objectifs de détecter, analyser et identifier les sources de phénomènes observationnels anormaux, alors je pense que les bénéfices scientifiques suivants pour en être attendus :
Ne serait-il pas possible d'obtenir quelques fragments de ces objets (« ovni ») pour les examiner ? Par exemple, un fragment de matière, même petit, pourrait être analysé pour y rechercher les types d'alliages dans les fonderies terrestres.Je souscris aux remarques d'O'Keefe, et s'il existe des « atterrissages » associés aux phénomènes anomalistiques, alors une enquête rapide et extrêmement approfondie du site d'atterrissage doit être menée avant que les indices géologiques ou matériels ne soient dispersés ou « terrestrialisés ».
Un morceau de vis, même petit, serait anglais, métrique ou martien. Cela m'impressionne parce que j'ai examiné quelques dizaines de milliers de photos de la Lune et constaté que la très petite quantité de données chimiques a plus de poids pour interpréter l'histoire passée de la Lune que la très grande quantité de données optiques. Il ne semble pas possible que des objets (« soucoupes volantes ») de cette taille puissent visiter la Terre puis repartir sans rien laisser derrière eux, pas même une poussière. Nous pourrions très facilement analyser une poussière pas plus grosse qu'une tête d'épingle.
Les propriétés spécifiques de la foudre en boule, qui présentent une difficulté particulière pour leur reproduction expérimentale, sont la formation de la sphère dans l'air (à une pression proche de la pression atmosphérique et à distance de la source d'énergie) et son déplacement étendu. Il est évident qu'une clarification supplémentaire des aspects tant théoriques qu'expérimentaux est nécessaire.
(1968b) commente que : Si les conditions — toutes les conditions — nécessaires pour créer des ovnis plasmas près des lignes à haute tension ou dans le sillage des avions à réaction se produisaient facilement, nous devrions avoir des millions de rapports d'ovnis et le mystère aurait été résolu depuis longtemps. Mais la rareté relative des observations d'ovnis légitimes indique clairement que le phénomène lié à la foudre en boule est très rare.
*** s'il y a des soucoupes volantes dans les parages, pourquoi ne nous contactent-elles pas directement ? *** Je le ferais si j'étudiais une autre civilisation. De tels commentaires sont faits sur une glace extrêmement mince car, à ma connaissance, aucune étude concertée n'a été menée dans le domaine de la prévision des caractéristiques sociales d'une civilisation extraterrestre avancée. Les philosophes, les chercheurs en sciences sociales et d'autres entreprennent habituellement des études de problèmes plutôt théoriques (voir Wooldridge (1968) et Minas et Ackoff (1964)). Si seulement on pouvait développer un ou plusieurs indices quantitatifs de progrès social qui, par exemple, nous différencieraient des Romains dans nos relations interpersonnelles et entre sociétés (par exemple des tendances à moins de crimes violents, moins de guerres, etc.), alors nous serions peut-être mieux armés pour extrapoler rationnellement de notre société à une société avancée. En fait, un tel indice, si l'on pouvait le développer, pourrait même être utile pour guider notre propre société terrestre.
Au cours des 16 dernières années j'ai sérieusement (quoique sporadicquement) suivi les analyses de signalements d'"OVNI" ou de "soucoupe volante" — scientifiques et quasi-scientifiques. Ma conclusion est que la quantité de données quantitatives que nous pouvons extraire des vastes quantités de données recueillies à ce jour sur les phénomènes observationnels anomalistiques est limitée. Je pense que nous ne ferons que nous frustrer par des disputes sans fin sur des scénarios passés aux données incomplètes ; ce dont nous avons besoin est d'analyses plus sophistiquées de données observationnelles anomalistiques fraîches. Nous devons produire autre chose qu'une simple resucée de vieilles données.
J'insiste sur le fait qu'il est très peu probable que les systèmes de surveillance optiques et radar existants recueillent le type de données quantitatives nécessaires pour identifier et étudier ces phénomènes. De plus, nous n'avons actuellement aucune base quantitative sur laquelle évaluer et classer (selon leur crédibilité) la myriade de témoignages oculaires. Continuer à « triturer » des événements anomalistiques passés semblerait donc être un gaspillage de nos ressources scientifiques. Tout bien pesé, je conclus donc que :
À la lumière de ces conclusions, je ferai les recommandations suivantes :
Toutes les recommandations qui précèdent impliquent des dépenses, et nous sommes tous bien conscients des sévères limitations du financement de la recherche aujourd'hui. D'un autre côté, j'estime que l'un des pièges dans lesquels nous sommes tombés jusqu'ici est de nous reposer sur des programmes d'examen rapide, en sous-effectif et sous-financés, pour étudier une quantité énorme de données souvent ambiguës. Je déconseillerais de tels programmes, qui détournent de l'objectif scientifique global.
L'objectif de comprendre les phénomènes anomalistiques, s'il est atteint, pourrait être d'une importance sans précédent pour l'humanité. Nous devons faire décoller un programme scientifique positif ; un programme qui progresse selon les plus hautes normes scientifiques, ait des objectifs précis, soit bien financé et de long terme.
Merci.
En juillet 1968.