Le vol historique de Apollo XI vers la Lune a eu lieu il y a plus d'une décennie -- assez longtemps pour s'être inscrit dans nos livres d'histoire et nos mythologies. Il a marqué le premier atterrissage de l'Homme sur un autre monde dans l'espace. Il a symbolisé les capacités de la gestion et de la technologie américaines du 20ème siècle.
Pour le monde des ufologues, enthousiastes comme opposants, le vol Apollo XI a aussi été important. Il est devenu le centre d'un large ensemble de signalements de rencontres extraterrestres lors de ce voyage spatiale épique. Au fil des années, littéralement des douzaines d'histoires ont été écrites sur les supposées photographies et observations d'ovnis effectuées lors de cette mission particulière .
La plus prestigieuse de ces histoires est la note dans Edge of Reality dans laquelle le Dr. J. Allen Hynek
, le "doyen de l'ufologie", relate le
signalement que Ce fut la mission où un ovni aurait prise en chasse cet appareil.
Un collègue fit remarquer à
Hynek
que lors de Apollo
11, Neil Armstrong, Edwin Aldrin, et Michael
Collins
Hynek
ont dit avoir observé un ovni.
acquiesça, et développa : Certaines
des images du film de la NASA que j'ai examinées étaient très intéressantes -- en
particulier celles prises lors du vol Apollo 11, une des quelques pour
laquelle la NASA a fourni une sorte d'explication.
Dans Science Digest, le mensuel respecté de vulgarisation scientifique, l'auteur astronome James
Mullaney (ancien contributeur à Astronomy magazine) écrivait que l'équipage
de Apollo 11, lors du 1er allunissage, signalait que leur capsule était dépassée par ce
qui semblait être une masse d'énergie intelligente... la NASA a récemment publié un
certain nombre de photos de Gemini, Apollo, et Skylab très frappantes de véritables non-identifiés
.
La presse ufologique a largement relayé ces histoires, dans des livres, films et magazines.
UFOs Past, Present and Future (écrit par Robert Emenegger, recherché par
Alan Sandler) rapporta que peut-être l'observation la plus spectaculaire
qui eut
lieu lors de Apollo 11. En route vers le Lune, les astronautes observèrent un objet qui semblait
changer de forme lorsqu'ils changeaient de niveau de zoom sur leur télescope C'était vraiment bizarre
, aurait
déclaré Collins
.
Le magazine Fate, dans la rubrique I See
By The Papers de son rédacteur en chef Curtis Fuller (), examina ces histoires et
conclut : Il semble y avoir d'assez bonnes preuves que Buzz Aldrin
, Neil Armstrong et Michael Collins
ont vu quelque chose qui
n'a pas été communiqué au grand public--quelque chose de rapporté de diverses manières, allant de lumières
mystérieuses à des formations de vaisseaux spatiaux !
L'authenticité des observations de Apollo XI a été certifiée par le
témoignage du présentateur du journal télévisé de CBS Walter Cronkite. Dans une interview
pour le National Enquirer menée par le journaliste Robin Leach, Cronkite livre ce récit: En route pour le premier alluni ssage
de l'histoire, Armstrong et l'équipage transmirent des informations sensationnelles, et
je fus là pour les entendre moi-même.
Cronkite continua : Armstrong dit avoir repéré un énorme objet cylindrique en rotation
ou culbutant entre le vaisseau et la Lune. Il est enregistré
officiellement dans les archives de la NASA que Armstrong a
indiqué aller prendre des photographies mais que l'objet avait disparu aussi rapidement qu'il l'avait vu au départ.
Neil Armstrong n'est pas un homme versé dans l'imagination fantaisiste et ce n'est pas
juste un membre d'équipage qui l'a vu -- ils l'ont tous vu, et vous devez respecter ces hommes.
C'était suffisant pour le Believe It or Not de Ripley, aussi. Fin ils publièrent
une série commerciale de planches dessinées parlant d'ovnis ; une planche contenait un croquis d'astronautes et la
légende, L'astronaute Neil Armstrong. . . vit des ovnis pendant sa mission spatiale.
Mais la NASA -- selon le présentateur du journal télévisé Walter Cronkite -- garde les preuves secrètes.
Mais le secret fuita un peu, selon l'éditeur McGraw-Hill. En ils sortient un livre de David C.
Knight, intitulé UFOs: A Pictorial History. Une photo pleine page de l'espace page 171 porte cette
légende : Peut-être la plus spectaculaire de toutes les observations d'ovnis dans l'espace eut lieu
lors du vol Apollo XI.... L'équipage repéra un objet étrange entre leur
vaisseau et la Lune.... L'objet reste toujours
non-identifié.
(les puristes auront noté que l'objet montré sur la page se trouvait entre le vaisseau et la
terre, mais qui veut pinailler lorsqu'on parle d'histoires aussi fantastiques ?).
Une idée de ce que ces secrets pourraient entraîner peut être obtenue à partir d'un résumé des histoires qui circulent sur Apollo 11, publié par Mike Harris dans une lettre d'informations de Nouvelle Zélande :
Depuis le lancement de Apollo 11 le jusqu'à ce que l'appareil spatial passe le mi-chemin entre la Terre et la Lune le jour suivant, les 3 astronautes observèrent yn ovni qui les suivait. Deux jours plus tard, , des ovnis firent une autre apparition et furent enregistrés sur film. Les détails de ce long film furent : le jour avant l'allunissage Aldrin
se transféra sur le M. L. Eagle et commença la vérification finale des instruments. Alors qu'il vérifiait la caméra rapprochée, les ovnis arrivèrent dans le cadre. Alors qu'ils étaient observés, les objets furent vus émettre ce qui ressemblait à du liquide. Les 2 objets se trouve en formation serrée, se réunissaient et se séparaient et par la suite au bout d'un moment se séparèrent et partirent chacun de leur côté. Les objets semblaient être intelligemment contrôlés, dirent les astronautes. La 3ᵉ observation lors de ce vol épique eut lieu . Environ 1H30M avant, Neil Armstrong et Aldrin
avaient mis le pied sur la Lune. Alors qu'ils étaient occupés à récolter des roches, Collins
dans le Module de Commande "Columbia" était occupé à parler à Houston.
Columbia : Appel à Houston. Ici Columbia.
Houston : Allez-y, Columbia.
Columbia : Je n'ai pas pu trouver M. L. Mais j'ai vu des petits objets blancs bizarres. Les coordonnées sont 0,3, 7,6 sur le bord sud-ouest du cratère. S'ils sont là ils doivent les avoir vus aussi.
Il semble probable que qui que ce soit d'intéressé dans par notre effort gardait certainement un œil sur les choses. Le rapport continue :
Ces objets blancs vus par Collins
firent une 4ème apparition alors que le Eagle s'élevait de la surface lunaire pour rejoindre Columbia, ayant quitté la Lune à . Leur forme dans ce cas
fut clairement exposée sur film. La caméra fixée sur le Eagle photographiait la surface de la lune
qui s'éloignait lorsque, diagonalement depuis le coin inférieur gauche vers le côté supérieur droit du cadre, un ovni
blanc brillant passa directement sous le Module Lunaire.
C'est certainement un scénario sensationnel pour le première atterrissage de l'humanité sur un autre monde, et c'est
en plus une version certainement non décrite par les livres d'histoire standards. Ces récits corroborants vinrent du
livre de Michael Hervey UFOs The American Scene (St. Martin's Press, NY, 1976). En orbite lunaire,
Aldrin
adjuste sa caméra lorsque soudainement :
...son attention fut soudain attirée par un objet brillant ressemblant à un "homme des neiges" se déplaçant d'ouest en est dans le ciel. Il prit immédiatement des clichés de l'objet qui en fait se révéla être 2 ovnis, 1 plus grand que l'autre, et se touchant presque. Lorsque le film fut développé par la suite, il comprenait un cliché de la surface lunaire suivi d'un plan rapproché des 2 ovnis se déplaçant très vite horizontalement. Ils disparurent, avant de revenir quelques secondes plus tard, descendirent un peu, restèrent en survol pendant un moment, puis se séparèrent après quoi ils furent entourés de
ce qui ressemblait à un halo puissant.Ils suivirent cette manœuvre en s'élevant verticalement et partirent hors de vue. À un moment donné un seul ovni revint, puis prit à nouveau le départ pour la dernière fois. Les astronautes Armstrong et Aldrinfurent naturellement excités et appréhendèrent peut-être un peu ces quelques moments.
Malgré tous les drames de cet événement, aucun ne semble avoir été révélé par les agents des relations publiques de la NASA à Houston. Clairement, une sorte de dissimulation était l'œuvre. La première brèche majeure dans cette apparente dissimulation n'eut pas lieu avant , lorsque l'Association de la Fraternité Cosmique, un groupe ufologique japonais, publia des photos jusqu'ici inaccessibles de Apollo 11 avec ce commentaire :
Les images d'ovnis prises par le vaisseau Apollo 11 au-dessus de la surface de la Lune pour la 1ʳᵉ fois au monde et aujourd'hui publiées pour la 1ʳᵉ fois par la CBA, ne peuvent être considérées que comme la preuve formelle que les ovnis, jusqu'ici remis en question par beaucoup, sont en fait des vaisseaux/appareils spatiaux venant de l'espace comme nous l'avons affirmé. Ils sont la preuve absolue qu'on recherché les ufologues du monde entier ces 27 dernières années... Ce qui suit est une preuve indubitable des ovnis, qu'ils sont venus de l'espace... Il s'agit vraiment d'images de scoop, et pas une seule d'entre elle n'a été publiée par la NASA à ce jour.
Ces nouvelles sensationnelles traversèrent le Pacifique et furent notées par l'expert en ovnis Bob Barry du Twentieth Century UFO Bureau, qui rédigea une étude en 2 parties des expériences ovni d‘astronautes pour Modern People, un tabloïde hebdomadaire. L'article ovni fut par la suite combiné à d'autres éléments similaires qui furent publiés en magazine comme UFO Report (sorti , un seul numéro fut publié). "La NASA vous cache des ovnis !" hurlait le titre :
En route vers la Lune lors de leur 1er jour dans l'espace, l'équipage de Columbia observa un objet étrange en survol haut au-dessus de la Terre, et parvint à le saisir sur film. Le labo d'interprétation photo de la NASA lista l'objet comme non-identifiable. Mais ce n'était que le début. Avant que cette mission arrive à son terme, l'équipage de Columbia et plus tard le Eagle allait voir bien plus d'actions ovnis -- au-dessus de la Lune elle-même !
Barry décrit alors la rencontre d'Aldrin
avec les 2 ovnis zoomant à travers sa fenêtre en
orbite lunaire. Par chance, dit Barry, Aldrin
était habitué à voir des ovnis dans
l'espace, et il put donc faire ce qu'il fallait rapidement :
Si Aldrin
n'avait pas été conditionné d'une manière ou d'une autre à l'apparition de ces appareils inhabituels, le choc de ce qu'il vit par la suite aurait pu lui faire rater une des séquences de film d'ovnis les plus incroyables qu'ai jamais pris un astronaute. Car alors que les objets continuaient leur descente dans une formation semblable à celle d'un "bonhomme de neige" allongé sur le côté, Aldrin
observa une émission brillante s'étendant entre les 2 appareils. On supposa à l'époque que cette "traînée" aurait pu être liée aux systèmes motivationels des véhicules, peut-êre même un système d'échappemment... Pendant ce temps, 10 autres objets en forme d'oeufs furent vus voler à l'avant-plan de la caméra.
Naturellement, la NASA ne publia pas ces photos pour le grand public, s'efforçant d'éditer avec soin tous appareils mystérieux de ce genre des images finales qui furent publiées... Et bien que pratiquement chaque membre d'équipage ayant voyagé vers la Lune ait observé et photographié des objets volants non-identifiés, les responsables de la NASA insistent toujours sur le fait que ces phénomènes n'existent pas.
Mais les preuves photographiques spectaculaires de Barry ne sont pas le seul signalement excitant à sortir du vol Apollo 11. Car peu de temps seulement après que les astronautes soient
retournés sur Terre mi-, une "bande" clandestine et la transcription vocale de ce qui s'était
réellement dit sur la Lune a commencé à circuler clandestinement dans les cercles ufologiques. Le titre de la
couverture du National Bulletin magazine (distribué au Canada mais imprimé à New York)
proclame Une erreur dans fausse transmission cache la découverte de Apollo 11... La Lune est une base ovni !
L'auteur Sam Pepper donne sa version de la Transcription de bande Top Secret
venant d'une fuite proche du
sommet
, comme suit :
Qu'est-ce que c'était, bon dieu qu'est-ce que c'était ? C'est juste ce que je veux savoir...
Ces. . . (brouillé) ...bébés étaient énormes, monsieur, ils étaient énormes...
Non, non, c'est juste une distortion du champ...
Oh, seigneur, vous ne le croiriez pas...
Qu'est-ce... qu'est-ce... qu'est-ce qui se passe bon dieu ? C'est quoi votre problème les gars...?
Ils sont là, sous la surface...
Qu'est-ce qui est... disfonctionnent... Mission Control appelle Apollo 11....
Roger, nous sommes là, tous les 3, mais nous avons trouvé des visiteurs...
Oui, ils sont là depuis un bon moment à en juger par les installations...
Mission control, répéter le dernier message...
Je vous le dis, il y a d'autres appareils spatiaux. Ils sont alignés en rangs sur le bord de l'autre extrémité du cratère...
Répétez, répétez...
Scannons cette orbite et rentrons à la maison...
En 625 à la 5ème, auto-relais fixés... Mes mains tremblent tellement...
Film... oui, les maudites caméras ont mitraillé à partir de là...
Vous avez eu quelque chose les gars ?
On n'a recupéré aucun film à ce moment... (brouillé)... 3 clichés des soucoupes, ou quoi que ce soit... ils ont peut-être troublé le film.
Mission Control, ici Mission Control... avez-vous commencé, je répète, avez-vous commencé ? Qu'est-ce que c'est que tout ce foin à propos d'ovnis ? Terminé.
Ils se sont installés ici... ils sont sur la Lune... à nous regarder...
Les miroirs, les miroirs... vous les avez installés, n'est-ce pas ?
Oui, les miroirs sont tous en place. Mais ce qui a construit ces appareils spatiaux reviendra probablement et les enlèvera demain...
Lorsque ce récit fut discuté par le rédacteur-en-chef de Fate Curtis Fuller , il confessa son scepticime extrême quant à l'ensemble de la supposée
transcription
Mais le récit fut publié ailleurs (l'auteur de science-fiction et féru d'ovnis Otto Binder aida à le diffuser largement), et cela fait penser aux observateurs des signaux
radio captés en Europe au début des années 1960s de cosmonautes russes condamnés lors de tirs spatiaux secrets qui
aboutirent à leurs morts confidentielles. Les radio-amateurs sont devenus très prolifiques pour ce qui est de faire
sortir des "secrets officiels" ces dernières décennies.
Ces histoires ébouriffantes ne s'arrêtent pas là. Un autre "récit de l'intérieur" parut dans le bulletin mensuel d'un
groupe ovni bien connu, l'APRO. Comme rapporté dans le n° de , 3
ombres en forme de disque suivirent les astronautes alors qu'ils tournaient autour de la Lune, pendant que les
censeurs de la NASA coupaient d'autres commentaires en direct des journalistes. Un
informateur de l'APRO connu sous le nom de "Monsieur X" aurait été présent dans la salle
de contrôle interne
.
Les astronautes, se souvient le "Monsieur X" non identifié, dirent soudain, Ils sont à nouveau là
, en parlant
des objets qu'ils avaient aperçus lors des 3 premières orbites et lors de la dernière orbite. Cela semble être une
corroboration indépendante des récits précédents.
De plus, une photographie nouvelle et jusqu'ici non disponible de Apollo
11 fut publiée dans le mensuel Science Digest dans le n° suivant immédiatement celui qui
contenait l'article de Mullaney. Parlant du projet Blue Book, l'article de l'auteur Don Berliner
inclut une photographie montrant la Terre s'éloignant de l'appareil lunaire, et un ovni en plein milieu. Science
Digest () dit, La flèche pointe vers un objet non-identifié
.
Comme on pourrait s'y attendre, la NASA nie officiellement tout. Aucun ovni extraordinaire ou autre phénomène inexpliqué n'a été admis.
Lorsque la « transcription Pepper » fut rendue publique, les passionnés d'ovnis écrivirent à leurs parlementaires pour
exiger que la NASA avoue officiellement la dissimulation. La NASA
répondit que les incidents... n'ont pas eu lieu. Les conversations entre l'équipage d'Apollo 11 et le contrôle de mission ont été diffusées en direct pendant
toute la mission Apollo 11. Entre 1000 et 1500 représentants des médias
et de la télévision étaient présents au centre de presse de Houston pour écouter et observer, et aucun n'a laissé
entendre que la NASA ait retenu des informations ou des conversations de cette
nature.
(lettre de l'administrateur adjoint chargé des affaires législatives à plusieurs parlementaires,
).
En , le chef du bureau des astronautes Deke Slayton
déclarait : Je ne
me souviens d'aucun de nos astronautes ayant jamais signalé d'ovnis.
La NASA affirme que toutes les photos, toutes les transcriptions vocales et tous les comptes rendus de débriefing sont dans le domaine public et à la disposition des médias. Ces données sont trop volumineuses pour être publiées intégralement, mais elles sont accessibles aux chercheurs dûment accrédités à Houston, Flagstaff et Washington. Et de fait, aucun chercheur (ufologue ou autre) ne s'est jamais plaint qu'on lui ait refusé des données qu'il cherchait à obtenir (même si Barry et Sandler ont émis de vagues allégations).
La documentation photographique, y compris les inventaires des magasins de film, les registres d'exposition et les documents de contrôle, a été examinée par des chercheurs. Tout le film est comptabilisé. Manifestement, la NASA a tout à fait raison de dire que tout est disponible...
... Mais pour qui ? Près de 1500 photos et des dizaines de magasins de film ont été exposés lors d'Apollo 11. Les transcriptions se comptent en milliers de pages. Qui s'est donné la peine de vérifier tout ce matériel ?
Moi, par exemple. D'autres auteurs aussi. Le Dr. J. Allen Hynek
a également visité le
centre spatial de Houston en et on lui a montré le matériel en question. La version originale de
la NASA s'est, étonnamment, trouvée confirmée : tout le matériel est disponible. Il l'a dit
dans une interview à Playboy en , mais son livre porte toujours la liste bidon et
rien n'indique qu'elle ait été retirée des éditions ultérieures. L'opinion de Hynek
: ces histoires d'ovnis sont fausses.
Le scepticisme de Fuller au sujet de la « transcription Pepper » semble avoir été justifié. Rien que d'après les indices internes, elle ressemble de plus en plus à un canular grossier. On peut le déduire du vocabulaire lui-même :
« Mission Control »... cette expression n'a jamais été employée par les astronautes, qui disaient toujours « Houston ».
Un charabia à consonance technique tel que « distorsion du champ », « orbite scannée », « 625 à la 5ème », « auto-relais », etc. ne s'est jamais trouvé dans les vraies transcriptions.
« Répétez, répétez » n'est jamais utilisé à la radio ; les astronautes et le contrôle de mission emploient à la place l'expression Say again.
« Tous les 3 »... en réalité, seuls 2 hommes se trouvaient sur la surface lunaire.
De plus, les interviews de la poignée de radioamateurs connus pour avoir capté les signaux lunaires en bande S (2270 mégahertz) ont produit des témoignages selon lesquels ils avaient entendu les mêmes conversations que celles publiées par la NASA. Comme l'écoute de la Lune exigeait des antennes paraboliques de 10 pieds de diamètre, peu de gens pouvaient effectivement le faire, et ils se connaissaient entre eux, ayant pratiqué ce genre d'écoute spatiale depuis des années.
(Le consensus parmi ces radioamateurs américains expérimentés est que les vieilles histoires de « transmissions radio de cosmonautes russes secrets à l'agonie » étaient soit des erreurs stupides, soit de purs canulars, soit des coups publicitaires facétieux de radioamateurs italiens et allemands.)
La conclusion inévitable est que Pepper a soit fabriqué lui-même la fausse « transcription », soit fait preuve d'un très mauvais jugement en se laissant abuser par le faux de quelqu'un d'autre. Comme c'est souvent le cas avec les signalements d'ovnis, il est très difficile de prouver définitivement que quelque chose n'a pas eu lieu. Mais dans ce cas, heureusement, le canular était si branlant qu'il s'effondre sous son propre poids.
Plus déroutant est le signalement par Collins
des « petits objets blancs bizarres » que
les sources japonaises disaient avoir été repérés près du module lunaire. Il pourrait s'agir du même ovni que celui
rapporté dans la transcription Pepper.
Mais ce n'était pas le cas, car voici ce que Collins
a réellement dit à Houston lors de
cette orbite : J'ai bien vu un petit objet blanc suspect dont les coordonnées sont Easy 0,3, 7,6, juste sur
l'extrémité sud-ouest d'un cratère, mais je pense qu'ils le sauraient s'ils étaient à un tel endroit. On dirait que
leur LM serait sacrément cabré. C'est sur la paroi sud-ouest d'un cratère plutôt petit.
(bande 71/16, page
396).
Collins
essaie donc de repérer le LM à une centaine de miles d'altitude, mais il n'y
parvient pas ; il voit à la place un objet blanc (un rocher ?) sur le bord d'un cratère. Il doute que ce soit le LM
car, si c'était le cas, le LM serait fortement incliné et les astronautes qui s'y trouvaient auraient remarqué
l'inclinaison, ce qui n'était pas le cas. Collins
n'a pas repéré une flotte d'ovnis, comme
la reformulation très libre de ce récit pourrait le laisser croire. Comparez ces mots à la reformulation ufologique :
est-ce simplement de la négligence, ou une déformation délibérée ?
Ce sont des détails. Qu'en est-il de l'observation clé, le « bonhomme de neige », et du film d'Aldrin
?
Qu'est-ce qui pourrait bien expliquer cela ?
Il suffit pour l'expliquer que quiconque regarde le film. Les scènes en question proviennent du « magasin F » (Foxtrot), sur les 25 premiers pieds environ, et peuvent (comme tous les autres films de vol d'Apollo 11) être achetées auprès de la National Audiovisual Company, 1411 South Fern Street, Arlington, Virginie 22202.
Le film réel montre un hublot rempli de reflets et d'éblouissements aveuglants, dansants et vertigineux. En regardant le film en mouvement, il ne peut être question que les lumières soient des objets solides à l'extérieur du vaisseau. Je ne vois aucun moyen d'imaginer qu'un spectateur puisse honnêtement croire que des ovnis y étaient montrés. Les « émissions » ne sont que d'autres reflets flous.
L'examen de quelques images fixes de ce film montre ce qu'il est advenu de l'apparence originale des « ovnis ». Le groupe ufologique japonais a retouché les photos, renforçant le contraste des lumières et recadrant pour éliminer les reflets superflus. De plus, les films ont été retouchés à l'aérographe pour atténuer les autres reflets qui pouvaient subsister, en dehors des 2 globes de lumière. Ceux-ci sont devenus les prétendus ovnis que, inutile de le dire, l'équipage n'a pas vus. (Le film, soit dit en passant, a été pris en orbite la veille de l'alunissage, et non depuis la surface.)
Ces photos d'ovnis sont, en d'autres termes, une fraude pure et simple. Elles font partie d'un canular de faux spatial qui s'est emballé et a échappé à tout contrôle. Il n'y a jamais eu de tels ovnis « bonshommes de neige » comme on l'a prétendu.
Mais l'expert en ovnis Michael Hervey avait écrit que les astronautes avaient réellement utilisé les mots « bonhomme
de neige » et « halo », et qu'ils étaient naturellement excités et peut-être un peu inquiets. L'expert en ovnis
Matsumura au Japon a donné de nombreux détails sur les mouvements réels d'Aldrin
pendant
la rencontre. L'expert en ovnis Bob Barry a écrit qu'Aldrin
avait observé les ovnis directement, et que les astronautes s'étaient interrogés sur la
mystérieuse émission.
Rien de tout cela ne semble s'être produit. Les auteurs dramatisaient l'événement à partir des photographies falsifiées. Des critiques moins bienveillants suggéreraient que les auteurs romançaient l'événement ou, encore moins charitablement, qu'ils mentaient.
C'est un tas de balivernes
, rétorqua Barry lorsqu'il entendit ces accusations en . Ils
peuvent nier tant qu'ils veulent, nous avons la preuve.
Mais il faudra plus que la bravade de Barry pour faire face à la preuve réelle du « magasin Foxtrot » d'Apollo 11. Les films ne mentent pas ; ils montrent les lumières dansantes, les reflets, l'éblouissement. Ils ne montrent aucun ovni.
Et Science Digest ne fera pas oublier de sitôt son double fiasco ovni. D'abord, l'affirmation de Mullaney selon laquelle l'équipage d'Apollo 11 aurait signalé une masse d'énergie intelligente est clairement une élaboration supplémentaire du faux originel de Matsumura et de la CBA, sans le moindre effort pour vérifier l'histoire auprès de la NASA. Ensuite, la photographie publiée dans Science Digest le mois suivant avait elle aussi été retouchée : le rédacteur en chef Dan Button a admis que certains débris spatiaux superflus avaient été effacés à l'aérographe pour ne pas détourner l'attention du véritable ovni, mais toutes les versions de cette même photographie publiées et diffusées auparavant montrent un espace absolument vide là où Science Digest désigne un « objet non identifié ». Soit quelqu'un a obtenu un mauvais tirage avec une tache supplémentaire sur le négatif, soit quelqu'un au mensuel de la Hearst Corporation a ajouté l'« ovni » sur la photo pour l'effet dramatique. Button accuse la NASA d'une autre dissimulation ; les observateurs informés peuvent désormais juger de qui Button essaie de couvrir la malhonnêteté.
En fait, une photo d'Apollo 11 montre bien un véritable objet non identifié (mais guère non identifiable). Peu après avoir extrait le LM du « garage » de la fusée, près de la Terre, un flot de particules tourbillonnantes passa devant les hublots d'Apollo. L'un des astronautes prenait une série de clichés touristiques de la Terre qui s'éloignait, et sur l'une des photos se trouvait une minuscule tache de forme bizarre.
Rien n'indique que l'un des astronautes l'ait vue. Comme elle est floue sur un appareil ayant une profondeur de champ extrêmement grande, les experts en photographie ont conclu qu'elle se trouvait probablement à quelques pieds seulement du hublot, et mesurait 1 ou 2 pouces. Comme lors d'autres vols, des morceaux d'isolant et de glace entouraient Apollo à ce stade du vol. « Non identifiée », elle peut certes l'être, mais aucun jeu sémantique ne permettrait de la qualifier d'ovni authentique, sauf par exemple dans UFOs: A Pictorial History de McGraw-Hill !
L'équipage a effectivement signalé à la Terre un autre petit objet qu'il avait observé à travers son monoculaire.
Pour certains des astronautes, il semblait cylindrique, tout comme leur étage de fusée largué dont on savait qu'il les
accompagnait sur une orbite parallèle. Armstrong déclara : C'était juste à la limite de
résolution de l'œil ; il était très difficile de dire quelle forme il avait.
L'hypothèse raisonnable de la NASA était qu'il s'agissait bien de l'étage de la fusée, puisqu'il se comportait exactement
comme un étage de fusée devait le faire ; d'autres vols Apollo avaient signalé à peu près la même chose.
L'interview entière de Cronkite dans le National Enquirer était un faux, manifestement assemblé par un pigiste. Le journal refusa d'en endosser la responsabilité lorsque Cronkite se plaignit, mais renvoya le pigiste.
Et que dire du récit de « Monsieur X » ? Là encore, d'après les indices internes des détails que « X » donne pour tenter d'établir sa crédibilité auprès de ses auditeurs, les experts spatiaux ont rapidement compris qu'il n'avait jamais pu se trouver près du vrai centre de contrôle de mission, tant son jargon est confus. En d'autres termes, ils ont conclu qu'il s'agissait juste d'une autre histoire à dormir debout. Les affirmations selon lesquelles ces signaux vocaux auraient été coupés pour les journalistes présents sont également en complète contradiction avec les récits personnels des journalistes qui étaient à Houston : il n'y avait pas de délai d'enregistrement significatif, et il n'y eut pas de silences révélateurs d'une censure.
Mais les histoires traversèrent l'Atlantique pour entrer dans un livre ufologique français, puis revinrent au pays
renforcées et nouvellement authentifiées dans Our Ancestors Came From Outer Space de Maurice Chatelain
(Doubleday, ). Selon l'auteur, qui prétendait être un
ancien scientifique spatial de la NASA (en fait, il avait travaillé plusieurs années pour un
sous-traitant spatial à Los Angeles) : Les astronautes... ont vu pendant leurs missions des choses qui ne pouvaient
être discutées avec quiconque en dehors de la NASA. Il est très difficile d'obtenir des
informations précises de la NASA, qui exerce toujours un contrôle très strict sur toute
divulgation de ces événements... Il semble que tous les vols Apollo et Gemini aient été suivis... par des véhicules spatiaux d'origine
extraterrestre... Chaque fois que cela se produisait, les astronautes en informaient le contrôle de mission, qui
ordonnait alors un silence absolu...
Chatelain
mentionne spécifiquement Apollo 11, qui a effectué le premier alunissage sur la mer de la
Tranquillité et, quelques instants seulement avant qu'Armstrong ne descende l'échelle
pour poser le pied sur la Lune, 2 ovnis ont survolé l'endroit. Edwin Aldrin
en a pris
plusieurs photos...
Encore plus sensationnelle était l'affirmation concernant le vol Apollo
13 : Il a été dit que la mission Apollo 13 transportait à bord un engin nucléaire qui pouvait être déclenché
pour effectuer des mesures de l'infrastructure de la Lune et dont les détonations apparaîtraient sur les
enregistrements de plusieurs sismographes placés en différents endroits. L'explosion inexpliquée d'un réservoir
d'oxygène dans le module de service d'Apollo 13 lors de son vol vers la Lune aurait été, selon les rumeurs,
provoquée délibérément par un ovni qui suivait la capsule afin d'empêcher la détonation (nucléaire)...
Bien sûr, la cause de l'explosion a été trouvée par la suite par la NASA, et il n'y avait aucun engin nucléaire ; les rumeurs d'attaques d'ovnis sont absurdes. Mais ce n'est pas une raison pour que certains ufologues s'abstiennent de transmettre et d'enjoliver de telles histoires, comme nous allons le voir.
Les passionnés d'ovnis russes furent les suivants dans cette course de relais cosmique. Le numéro de
de The UFO Journal, publié par le Mutual UFO Network, mit en avant un discours prononcé en Russie le par
Vladimir G. Azhazha. S'adressant à un groupe d'employés de l'agence de presse NOVOSTI, à
l'Académie des sciences de Moscou, Azhazha relata que : Les astronautes américains qui
ont visité la Lune y ont vu un cylindre gigantesque de 1500 mètres (environ 1 mile) de long. Aldrin
l'a filmé. Le véhicule a accompli ses propres interactions avec Apollo ; il coordonnait son mouvement avec lui...
Les... rapports des astronautes américains qui ont visité la Lune sont exceptionnellement intéressants. Leur code
convenu pour désigner les ovnis était l'expression « Saint Nicolas », mais ils furent si stupéfaits de ce qu'ils virent
en arrivant sur la Lune depuis Apollo qu'ils transmirent vers la Terre sans le code : « Juste en face de nous, de
l'autre côté du cratère, il y a d'autres vaisseaux spatiaux qui nous observent. » Et Aldrin
a pris son film qui montre les ovnis sur la Lune...
Azhazha révèle que sa source pour ces données est le livre de Chatelain
, poursuivant : La Lune est manifestement une base de transbordement
pour les ovnis et chaque Apollo qui a volé vers la Lune a été sous la coupole d'« observation » des ovnis. Ce n'est
pas par hasard que les astronautes américains n'ont pas réussi dans leur tentative de faire exploser un engin
nucléaire à des fins scientifiques sur la Lune. À la place, c'est le cylindre d'oxygène d'Apollo qui a explosé. Ils
n'ont pas non plus pu faire exploser l'étage supérieur du lanceur, qui continue donc de tourner autour de la
Lune...
Probablement avec une escorte d'ovnis.
Le rédacteur en chef du journal du MUFON nota dans la préface de cet article
que ... une source d'information de Washington DC... m'a informé que les déclarations attribuées à l'astronaute
Buzz Aldrin
au sujet des ovnis sur la Lune ont été confirmées par le reporter spatial de
son bureau, qui couvrait l'histoire d'Apollo à l'époque. Aldrin
les a dites pour
plaisanter. Il est possible que l'histoire ait filtré jusqu'en Union soviétique sous une forme déformée, comme c'est
évident dans d'autres cas... D'autres parties de ce rapport peuvent toutefois être significatives...
Le MUFON, en d'autres termes, a jugé suffisant de demander à un ami de demander à un
ami de faire remonter des souvenirs vieux de 10 ans, et il a appelé cela de la « recherche ». Andrus
poursuivait : Le document russe inédit... parle d'événements sensationnels
et de connaissances gouvernementales de haut niveau qui ont été cachées au public. Les événements allégués doivent
être authentifiés car, s'ils sont vrais, ils sont d'une importance profonde. Des films d'ovnis sur la Lune tournés
par des astronautes ?... Il y a un besoin évident de savoir ce qui est réellement vrai dans tout ce
« sensationnalisme », et de dénoncer comme faux tout ce qui est faux.
Ces paroles courageuses, venant d'un homme
considéré comme l'un des experts en ovnis les plus rationnels et fiables, ne sont pas suivies par les actes d'Andrus
ni, apparemment, par son intention de publier une quelconque
mise au point. Les histoires d'ovnis d'astronautes sont trop « utiles » pour risquer de les examiner de très près.
L'enthousiasme russe pour les ovnis est si répandu que des démentis gouvernementaux officiels sont devenus nécessaires. Dans le numéro de de Culture and Life (publié à Moscou), l'astronome soviétique Vladimir Krat est invité à réfuter des histoires telles que :
L'interviewer : On dit que les astronautes américains qui s'étaient posés sur la Lune devaient faire une petite
explosion afin de provoquer un séisme lunaire artificiel, mais qu'ils n'y sont pas parvenus. Une mystérieuse
explosion à bord du vaisseau a brisé un cylindre d'oxygène. Elle aurait pu être provoquée par une soucoupe volante
observant le vaisseau, afin d'arrêter une expérience qui aurait pu détruire des bases établies par des civilisations
extraterrestres sur la Lune. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui se passe, bon sang ? J'aimerais connaître la
vérité, qu'est-ce que c'est ? Il y a d'autres vaisseaux spatiaux ici !
aurait crié Armstrong
en voyant plusieurs ovnis de l'autre côté d'un cratère. Mais Aldrin
vit tout de suite de
quoi il s'agissait et commença à communiquer avec la Terre en code secret. Plus tard, toutes les informations sur
l'incident furent classées secrètes par les Américains. On parle d'autres cas de cosmonautes ayant vu des ovnis. On
insiste particulièrement sur le fait que les 4 ou 5 premières heures du séjour de l'un des équipages sur la Lune
restent un mystère : ce que les astronautes ont fait pendant ce temps n'a pas été rendu public.
Krat : Les vols des astronautes vers la Lune ont été suivis par l'humanité entière, leur travail à la surface de la Lune est connu à la minute près. Je ne vois aucune logique dans ces propos sur des informations instantanément « classifiées ». Pourquoi les Américains auraient-ils fait un secret de leur rencontre avec des créatures d'autres planètes, si un tel rendez-vous avait eu lieu ? Auraient-ils eu peur de provoquer la panique sur Terre ? Mais il n'y avait pas de raisons particulières de paniquer.
Clairement, Krat n'a pas conscience de l'ampleur des déformations dans de telles histoires et ne peut proposer que des démentis fades qui ne convaincraient personne.
Ce que Krat aurait dû faire, c'est examiner les ouï-dire de plus près. L'« explosion
mystérieuse » était l'explosion d'Apollo 13, qui a été attribuée à une
action hostile d'ovnis. Les « séismes lunaires artificiels » des vols suivants ont très bien fonctionné, bien que
Chatelain
et Azhazha prétendent que
des explosifs nucléaires devaient être utilisés ! Le « code secret » est une idée de Chatelain
: il prétend que les astronautes utilisaient l'expression « Père Noël »
pour désigner les ovnis. Quant aux « 4 ou 5 heures » manquantes, je n'ai rien trouvé ; je soupçonne donc le Russe de
les avoir simplement inventées.
Comme on pouvait s'y attendre, les fausses histoires d'ovnis d'Apollo
11 continuent d'être remises en circulation et enjolivées. En , un livre de poche Dell
intitulé Secrets of Our Spaceship Moon, de l'instituteur de Detroit Don Wilson, parut dans les kiosques. Sa couverture hurle : LA DISSIMULATION DE LA NASA : voici les faits qu'ils n'ont pas pu cacher ! Qu'ont vraiment vu les hommes sur la
Lune ?
Le texte de la première page intérieure proclame : voici enfin l'histoire complète non censurée... des
faits clairs et indiscutables présentés par des astronomes et les astronautes eux-mêmes, malgré les démentis
officiels répétés de la NASA...
Les observations d'Apollo 11 ne fournissent qu'une partie des arguments
du livre, mais elles sont mises en avant. L'« ovni bonhomme de neige » de Bob
Barry y figure, avec l'affirmation de Wilson selon laquelle Buzz Aldrin
L'affirmation selon laquelle le film montre des ovnis est, comme nous l'avons vu, stupide ;
l'affirmation selon laquelle le film est maintenant secret est un mensonge scandaleux.
filmait
sans relâche avec sa caméra, prenant des séquences inestimables (mais maintenant secrètes) des 2 objets
mystérieux.
Toutes les autres rencontres d'ovnis réputées d'Apollo 11 sont
reproduites fidèlement et sans le moindre questionnement par Wilson, même s'il signale dans certains cas qu'elles ne
sont « pas authentifiées ». Tout aussi peu authentifiée est l'affirmation du passionné d'ovnis James Harder selon laquelle il aurait trouvé des enregistrements vocaux de rencontres d'ovnis lors d'Apollo 11, dont la NASA lui aurait admis en
privé qu'ils avaient été supprimés par crainte de panique publique
.
Les preuves que nous avons citées dans ce livre
, conclut plus loin Wilson, prouvent que nous avons
aujourd'hui sur les bras un autre Watergate, un Watergate cosmique... Nous avons montré des preuves irréfutables que
la NASA cache le fait que des ovnis ont été vus par des astronautes... Une étude des
archives et un coup d'œil aux photos convaincront même le sceptique le plus endurci que c'est exactement ce qui s'est
passé lorsque l'homme est allé sur la Lune.
De telles fanfaronnades n'ont aucun rapport avec les preuves réelles ;
en fait, le schéma que nous avons vu montre que moins les preuves sont fiables, plus les vantardises et les menaces sont
fleuries. Wilson fanfaronne, mais n'a que de fausses preuves. Les livres de poche Dell, selon leur éditeur James
Frenkel, n'ont vu aucune raison de vérifier ces récits incroyables, mais ont simplement décidé de faire confiance à
Wilson.
L'ovni bonhomme de neige d'Aldrin
reçut un nouveau champion en
lorsqu'un autre expert en ovnis proclama que l'objet n'était pas un vaisseau spatial mais plutôt une créature de
l'espace, ou « bestiole » !
Écrivant dans Frontiers of Science (anciennement Second Look, le magazine qui a
absorbé l'International UFO Reporter de Hynek
et qui, pour des raisons fiscales, est publié sous l'égide du Center for UFO
Studies), le spécialiste du paranormal John White (auteur de Pole
Shift! et de nombreux autres livres) affirme que les images spatiales sont identiques à d'autres prises sur Terre
par Trevor James Constable, un disciple du promoteur de l'énergie d'orgone Wilhelm Reich
. Constable a défendu la théorie selon laquelle les
ovnis sont d'étranges créatures vivantes (et pas nécessairement intelligentes) qui habitent la haute atmosphère et,
manifestement, l'espace également (dans des livres tels que The Cosmic Pulse of Life, Steinerbooks,
). Habituellement, les « bestioles » (comme Constable préfère les
appeler) sont invisibles et ne peuvent être saisies que sur film infrarouge.
Même les astronautes qui ont pris des photos d'ovnis dans l'espace n'ont pas su reconnaître les créatures vivantes
pour ce qu'elles sont
, écrivait White. La photo du bonhomme de neige est très
contestée : la sphère lumineuse est-elle une bestiole de l'espace ?
Prenant acte de mon évaluation publiée de
l'origine des images, White n'est pas d'accord mais admet qu'il n'est pas encore en
mesure de réfuter l'affirmation [d'Oberg]
. Il présentait également dans l'article une copie de la tache prise à
l'aller : [Elle] semble montrer une grande bestiole surplombant la Terre.
White ne porte pas la NASA dans son cœur. Auparavant, dans
un éditorial invité pour le tabloïd UFO Review de Timothy Green Beckley
,
White avait accusé la NASA d'une vilaine dissimulation :
La preuve existe déjà, en grande partie connue depuis longtemps de la NASA.
White renvoie ensuite à The Edge of Reality pour une liste d'observations
d'astronautes (une liste répudiée depuis longtemps par ses auteurs, comme nous l'avons vu), et au tabloïd Modern People (numéro de ), pour des photographies divulguées de la NASA montrant des ovnis, y compris des animaux plasmatiques
[italiques
ajoutées]. Les porte-parole de la NASA, selon White, sont
soit terriblement ignorants des faits... soit tentent délibérément de tromper le public. Le public a plus de bon
sens en la matière que la plupart des bureaucrates de la NASA.
Constable, pour sa part, fut ravi d'appuyer l'interprétation par White des photographies d'Apollo 11. Dans un
numéro de de l'irrégulier Metascience Quarterly, il pavoisait : Comme il semble
étrange que la NASA ait enregistré des images exactement comme les miennes... et
supprime les photos... Grâce à l'initiative de John, nous avons maintenant une « collection de bestioles de la NASA », mais ils s'en tirent en faisant identifier ces photos comme des fraudes par ce
grande gueule d'Oberg. Pure pathologie sociale !
Ah, pathologie sociale en effet !
(Une telle réaction ad hominem de la part des illuminés n'a rien d'inhabituel. En ,
Gray Barker
, personnalité de longue date de la frange ufologique et satiriste, parlait de
moi dans un texte faisant l'éloge des recherches de Timothy Green Beckley
: Lorsque ces
révélations de Beckley et d'autres commencèrent à susciter des lettres au Congrès, le responsable de la NASA, le capitaine James Oberg, mena une croisade solitaire pour étouffer ces rumeurs.
Beaucoup de gens dans la recherche ufologique civile pensent que le capitaine Oberg avait été spécialement affecté
à cette mission pour discréditer ces fuites d'observations d'astronautes.
Et un haut responsable du MUFON (le Mutual UFO Network, une organisation privée de recherche
sur les ovnis) a répandu au milieu des années 1970 l'histoire selon laquelle j'étais le « nègre » de Philip Klass
pour ses livres anti-ovnis ! C'est bien cela : quand le témoignage vous déplaît,
salissez le témoin, un vieux truc d'avocat véreux.)
Comme il se doit, le dernier mot (à ce jour !) de ces absurdités sur Apollo
11 revient au bon vieux National Enquirer, le tabloïd hebdomadaire des supermarchés connu pour ses
potins hollywoodiens, ses prédictions de voyants, ses guérisons médicales miraculeuses et ses histoires de soucoupes
volantes. Des extraterrestres sur la Lune quand nous nous y sommes posés
était le gros titre tapageur du numéro
du (la même histoire fit l'édition du du Sunday
Mirror à Londres et fut par la suite reprise dans le numéro antidaté de à du prestigieux
journal britannique Flying Saucer Review).
Les astronautes ont vu des ovnis et les ont même photographiés
, écrivaient les auteurs (Eric Faucher, Ellen
Goodstein et Henry Gris), mais cette stupéfiante rencontre rapprochée a été gardée
totalement secrète par la NASA jusqu'à maintenant...
(ils n'avaient manifestement
pas lu, ou pas cru, l'interview de Cronkite dans leur propre journal !). La
dissimulation de la NASA a été si massive que la nouvelle a mis 10 ans à atteindre le
public américain, et a dû être d'abord révélée par des scientifiques soviétiques, qui l'ont apprise il y a 2
ans.
Et c'est là que le bât blesse : le National Enquirer, dans un renversement de la pratique habituelle
digne de l'homme qui mord le chien, avait lui-même été victime du canular de quelqu'un d'autre. La source n'était
autre que Vladimir Azhazha, qui avait en quelque sorte omis de mentionner à Henry Gris, son contact, que l'histoire reposait entièrement, non pas sur des sources
soviétiques officielles, mais sur l'étrange livre d'« anciens astronautes » de Chatelain
! Je suis absolument certain que cet épisode a eu lieu
, déclara
Azhazha à Gris (qui parle couramment le russe) lors d'une
interview téléphonique. Selon nos informations... son message (celui d'Armstrong) n'a
jamais été entendu par le public, car la NASA l'a censuré.
Selon Gris (qui fut peu après renvoyé de la rédaction du National
Enquirer), Azhazha a refusé d'identifier la source de ses informations, mais lui
et d'autres experts spatiaux russes disent que la rencontre est de notoriété publique dans les cercles scientifiques
soviétiques
.
Pour boucler la boucle en se mordant la queue, le National Enquirer citait ensuite... Maurice Chatelain
, un ancien consultant de haut niveau de la NASA
, qui aurait corroboré de manière indépendante la version soviétique de l'histoire !
Témoignaient également d'éminents ufologues : Leonard Stringfield du MUFON (Si le gouvernement divulguait la moindre petite partie de ce qui s'est passé
sur la Lune, ce serait l'histoire du siècle
, lui fait-on dire, mais il a ensuite nié avoir dit quoi que ce soit
de ce genre) ; John Schuessler (Je travaille avec des astronautes à la NASA et j'ai entendu l'histoire de leur bouche
, lui fait-on dire, mais il a depuis
accusé avec colère Ellen Goodstein d'avoir supprimé le « jamais » qu'il avait prononcé avant « entendu ») ; Timothy Green Beckley
(qui a admis en privé que les incidents ne s'étaient jamais produits,
mais qu'ils étaient trop bons pour la publicité pour être critiqués) ; Joseph Goodavage (un
astrologue et auteur réputé, bien connu pour déformer et dramatiser les faits récalcitrants, comme nous le verrons dans
un chapitre ultérieur) ; et le « scientifique Fred Bell » (qui est apparemment un produit de l'imagination du coauteur
Eric Faucher). Ainsi, même si le National Enquirer fut à l'origine la victime de la tromperie d'Azhazha, c'est la rédaction du journal qui y ajouta sa propre forme singulière de journalisme,
et ce sont les lecteurs du journal qui en furent finalement les victimes.
Même Moscou l'admet ! Un long article anti-ovnis (The Legend of the Visitors, Pravda, , p. 6, du correspondant scientifique Vladimir Goubarev) rapportait : Les gens font confiance au témoignage des cosmonautes et des astronautes
,
écrivait Goubarev. Alors pourquoi ne pas en faire des alliés, décidèrent les
propagandistes des ovnis ? C'est ainsi que dans les 10 années qui ont suivi les vols vers la Lune, les fantaisistes, qui se présentent parfois comme des
travailleurs scientifiques, affirment dans leurs conférences publiques que les astronautes, en visitant la Lune, ont maintes fois observé des ovnis, et que Neil Armstrong a signalé à Houston : « Ici se trouvent de grands objets, monsieur ! Énormes !
Oh mon Dieu ! Ici se trouvent d'autres vaisseaux spatiaux ! Ils sont alignés le long du bord du cratère ! Ils sont
sur la Lune et ils nous observent ! »
Goubarev poursuivait son article : C'est une tâche vaine que de chercher ces mots dans
les transcriptions des transmissions radio de l'équipage d'Apollo 11,
ils n'y sont pas. Oui, et pas une seule personne écoutant le reportage radio depuis la Lune (et il était diffusé en direct) n'a prêté attention à
une information de ce genre : étrange, n'est-ce pas ?
Lors d'une rencontre avec Neil Armstrong, je l'ai interrogé sur les « soucoupes
volantes ». « Nous ne les avons pas vues », répondit l'astronaute, « et avec ce que nous faisons dans l'espace,
cosmonautes et astronautes, c'est un vrai miracle. »
Goubarev rendait également compte d'une interview de Pete Conrad, au sujet de ses prétendus ovnis d'Apollo 12 (il n'y en eut aucun), et relatait plus loin un incident du début de où les membres d'équipage russes de Saliout 6 furent surpris de voir des « ovnis » près de leur station spatiale, qui se révélèrent être des sacs d'ordures récemment largués. L'article de la Pravda se terminait par des conclusions très négatives sur les gens crédules qui se laissent facilement prendre à des absurdités telles que les ovnis et la religion ! S'il peut être risqué de croire quoi que ce soit de ce qui est dit dans la Pravda (qui signifie « vérité » en russe), la parution de cet article et d'autres semblables témoigne du mécontentement officiel face à l'enthousiasme populaire soviétique généralisé pour de telles histoires.
Partout où un sujet suscite un large intérêt populaire, on trouve des vautours qui fondent sur les crédules
impatients et sur leur propension à dépenser de l'argent pour des livres qui se vantent de nouvelles révélations
sensationnelles. Il n'aurait donc pas dû être très surprenant que Charles Berlitz
(auteur
de plusieurs livres très lucratifs sur le « triangle des Bermudes ») ait décidé de « découvrir » les rencontres d'ovnis
d'Apollo 11 en . Ce fut révélé dans son dernier livre,
The Roswell Incident (toute la recherche réelle semble avoir été faite par son coauteur William Moore et par le défenseur des ovnis et ancien ingénieur nucléaire Stanton Friedman), dont le thème principal est que le gouvernement américain a récupéré une
soucoupe volante écrasée à la mi-, ainsi que les cadavres des êtres qui composaient son équipage, et
a réussi à cacher le tout depuis lors tout en étudiant les matériaux.
Berlitz
n'a rien de nouveau à offrir, si ce n'est une déformation supplémentaire des
mêmes vieux contes de fées. Il fonde ses informations sur Maurice Chatelain
(d'après des
informations recueillies auprès de « sources internes » alors qu'il travaillait pour la NASA dans les années 1960
) au sujet de signalements de ces rencontres faits lors de
vols dans l'espace (qui) ont généralement été censurés, modifiés, minimisés ou simplement ignorés par la NASA
. Voici la bonne vieille histoire d'Apollo
11 à la sauce Berlitz, :
Avant le premier alunissage, 2 ovnis et un long cylindre survolèrent l'endroit. Lorsqu'Apollo 11 se posa à l'intérieur d'un cratère lunaire, 2 vaisseaux spatiaux non identifiés apparurent sur le bord du cratère puis repartirent. Aldrin
les photographia. Les photos n'ont toujours pas été rendues publiques par la NASA.
Les pages suivantes de M. Berlitz
reproduisent une grande partie de la transcription
Pepper discréditée depuis longtemps, ainsi qu'une série d'autres fables d'ovnis et d'astronautes. Moore a nié par la suite avoir cautionné ces histoires du seul fait de les avoir mises dans le
livre (il voulait « planter le décor » et garder l'esprit ouvert), mais Friedman a dénoncé
l'histoire en et a justifié sa collaboration avec Berlitz
par le fait
qu'il avait besoin de l'argent et de la publicité pour faire avancer ses recherches.
Il pourrait être intéressant ici de savoir ce que les responsables de l'information publique de la NASA pensent de cette longue série de récits du grand ovni du vol vers la Lune. Pour ce faire, j'ai organisé une interview début avec 2 experts spatiaux très respectés du centre spatial Johnson à Houston, Terry White et Charles Redmond. Pour restituer toute la saveur de la conversation, voici comment elle s'est déroulée :
Question : Comment apprenez-vous l'existence de telles histoires d'ovnis ? Les auteurs et les éditeurs essaient-ils de les vérifier ?
White : J'en entends généralement parler pour la première fois quand un journaliste me téléphone, affirmant avoir vu une nouvelle révélation d'une quelconque « dissimulation de la NASA ». Les gens qui écrivent de telles histoires ont rarement la courtoisie ou le courage de nous envoyer des exemplaires avant publication.
Redmond : La seule fois dont je me souvienne où l'on m'a demandé une explication, c'est quand mes explications pouvaient être montées en épingle comme une sorte de dissimulation, ou rejetées d'emblée.
White : Des éditeurs responsables comme le Reader's Digest, le National Geographic et le New Yorker ont l'habitude de vérifier l'exactitude de leurs auteurs en nous demandant de contrôler leurs éléments factuels. Mais pour ce qui est des livres sur les ovnis ou de la presse à sensation, non, ils ne nous ont jamais consultés avant publication...
Redmond : ... ni après publication, d'ailleurs !
Question : Pour mémoire, avez-vous des secrets sur les ovnis ou la vie extraterrestre ?
White : Pas le moindre. Ces histoires sont des ordures et c'est exactement ce que je dis à quiconque appelle. Normalement, nous ne voulons pas honorer de telles âneries d'une réponse sérieuse.
Redmond : Nous n'avons aucun secret sur les ovnis. En fait, c'est un domaine où notre bureau a passé beaucoup de temps à exhumer des photographies et des transcriptions pour les médias, en réponse à de prétendues « affirmations sur les ovnis ». Mais quant à laisser entendre que nous retenons quoi que ce soit, c'est tout simplement faux.
White : Nous connaissons des cas où nous avons fourni des films, des rapports et des études techniques et avons ensuite vu ces informations déformées et donner de fausses impressions. C'est de là que viennent ces histoires d'astronautes et d'ovnis : d'informations non vérifiées ou déformées.
Question : A-t-il jamais été possible de censurer les transmissions spatiales ?
Redmond : L'officier des affaires publiques (le « P-A-O ») du contrôle de mission disposait bien d'un interrupteur de blocage des signaux vocaux air-sol, qui étaient diffusés avec un retard de 7 secondes pour permettre la synchronisation avec les images de télévision traitées par ordinateur...
White : ... mais cet interrupteur n'a jamais été utilisé, pour autant que je m'en souvienne. Et j'ai été un PAO « voix d'Apollo » pendant de très nombreux vols.
Redmond : C'est exact ; je suppose qu'il était là pour empêcher la diffusion « en direct » d'une tragédie spatiale jusqu'à ce que nous ayons pu prévenir les proches, mais il n'aurait de toute façon pas affecté les transcriptions, seulement la diffusion en temps réel qui était transmise à la salle de presse et aux chaînes. Nous n'étions de toute façon autorisés à l'utiliser que pendant une minute environ au maximum. Les transcriptions finissaient par sortir, totalement non censurées.
White : Il nous arrivait de configurer le système pour des conversations médicales ou familiales privées. Il n'y avait pas de fréquence ni de code spécial, nous faisions simplement déconnecter les autres consoles au centre de communications.
Redmond : Les conversations médicales n'étaient pas enregistrées, et n'étaient pas diffusées, même si nous les résumions lors des conférences de presse. Il y a quelque chose dans le serment d'Hippocrate sur l'obligation pour un médecin de préserver la confidentialité envers ses patients.
Question : À quelle fréquence cela se produisait-il ?
Redmond : Pendant Apollo, assez rarement. Pendant Skylab, nous avions une telle conversation tous les 3 jours environ.
Question : Il n'y avait donc aucun code spécial ni canal secret ?
Redmond : Non, nous utilisions nos canaux ordinaires, mais l'équipage demandait seulement le médecin (le « flight surgeon ») et nous autres nous déconnections.
White : Ou alors l'équipage pouvait parler en privé à sa famille dans une pièce du fond, au bout du couloir de la salle de contrôle.
Question : En dehors de ces conversations confidentielles avec les médecins, les épouses et les enfants, y a-t-il eu d'autres conversations non accessibles au public ?
Redmond : Non, je ne pense pas, je ne vois pas comment ils auraient pu s'y prendre.
Question : Pourquoi, selon vous, ces livres et articles de magazines sur les ovnis sont-ils écrits avec des accusations aussi malveillantes contre la NASA ?
White : Je pense qu'ils ne sont écrits que pour exploiter l'hystérie publique, et au diable les faits. C'est mon opinion personnelle : ils flattent la panique et font appel à l'ignorance du public.
Redmond : Je suis frustré par la naïveté du public, et par l'affairisme pur et simple d'auteurs qui jouent sur le désir du public d'être mystifié. Mais ils n'utilisent que des ficelles grossières, ces auteurs. Ils livrent de la marchandise contrefaite.
Question : Mais quels dégâts cela cause-t-il ?
White : Pas beaucoup. Seule une petite frange croit vraiment à de telles âneries, vu la crédibilité des sources.
Redmond : Je ne suis pas d'accord. Je pense que c'est très nuisible, car cela réduit la crédibilité du programme spatial et l'image de la NASA.
Permettez-moi un moment de commentaire personnel : un lecteur de ce rapport parviendra à une conclusion tout à fait
différente de celle défendue par Wilson, Harder, Barry, Gris,
Berlitz
et d'autres. Une collection très médiatisée d'excentriques, d'illuminés, d'escrocs
et d'innocents bien intentionnés ont créé une façade de « rencontres d'ovnis » et une fausse accusation de
« dissimulation de la NASA » concernant des ovnis prétendument vus lors de l'expédition
lunaire d'Apollo 11 il y a 10 ans. Pour certains, les bénéfices sont
probablement psychologiques, pour d'autres, publicitaires ; pour les médias qui leur ont offert une tribune avec
empressement, les juteux bénéfices ont été de nature financière. Les explications et les mises au point (comme dans le
magazine Search d'automne et d'hiver , Space World de
, les numéros de du Skeptical Inquirer et les communiqués de
presse officiels de la NASA) sont ignorées ou déformées, et c'est bien là la véritable
conspiration du silence, si tant est qu'il en existe une. La réputation du programme spatial et des astronautes en a
souffert, le public a été troublé et induit en erreur, et l'argent afflue. Où sont, je me le demande souvent, les
courageux journalistes d'investigation qui lèveront le voile sur cette arnaque ovni ?
Où cela laisse-t-il les lecteurs, après avoir vu ce qui ressemblait à une histoire d'ovni spatial à toute épreuve s'effondrer en erreurs, en faux et en mensonges ? Les spécialistes expérimentés des ovnis doivent se demander combien d'autres cas d'ovnis « classiques » qui semblent tout aussi bons sont tout aussi pourris sous la surface.
2 questions viennent à l'esprit, mais ne peuvent recevoir de réponse. D'abord, Apollo 11 n'était-il pas assez passionnant sans les ovnis romancés ? Et ensuite, s'il y a tant d'autres cas d'ovnis réellement authentiques répertoriés, pourquoi les auteurs ufologues doivent-ils s'appuyer autant sur des preuves aussi fragiles que celles-ci ?
Les réponses à ces questions aideront à établir la véritable importance de ce qui, sinon, n'aurait pu être qu'une
sordide note de bas de page d'un chapitre historique de l'exploration spatiale. Mais la question est de savoir si les
futurs chercheurs et passionnés d'ovnis en tireront quelque chose. Car nous pouvons voir que les histoires d'ovnis
semblent surgir et se propager d'elles-mêmes, même lorsqu'il n'existe absolument aucun fondement factuel sur lequel
elles auraient pu reposer. Et si c'est vrai dans ce cas, nous devons soupçonner que cela s'est produit assez
fréquemment dans d'autres cas où nous ne pouvons pas établir les faits avec autant de certitude. Et même s'ils
préféreraient qu'il en soit autrement, les experts et publicistes des ovnis (Mullaney, Sandler, Emenegger, Fuller, Hervey, Button, Harris, Binder, Matsumura, Barry, Pepper, Lorenzen, Harder, Chatelain
, Lepoer-Trench,
Felix Zigel, Boznich, Wilson, Gris, Goodavage, Beckley
, Pratt, Creighton, Berlitz
, Moore, Azhazha et d'autres)
doivent, dans une certaine mesure, être appelés à rendre compte de la propagation de critères fondamentalement
défaillants. Car quoi qu'ils puissent admettre en privé, leurs positions publiques restent trompeuses.
Voilà la véritable morale des ovnis fantômes d'Apollo 11 !